COP17 Biodiversité

COP17 Biodiversité : l'initiative One Forest Vision contribue aux échanges sur la recherche scientifique et la préservation de la biodiversité

Du 26 oct. 2026 au 30 oct. 2026

Eravan (Arménie)

À l’occasion de la COP17 Biodiversité à Erevan, trois représentants de l'initiative One Forest Vision (OFVi) – Florence Palla (Coordinatrice de la cellule technique du projet OFAC-CE et présidente du Conseil scientifique d’OFVi), Laurent Durieux (IRD, coordinateur d’OFVi) et Sabrina Krief (MNHN, professeure et primatologue) – ont participé aux échanges internationaux sur la préservation de la biodiversité. Leurs interventions ont porté sur le partage des données scientifiques, les innovations technologiques pour le suivi de la biodiversité et le dialogue entre science et décision politique, notamment dans le bassin du Congo.

DeepForestVision et DeepForestSound : deux approches complémentaires pour observer la biodiversité

À la COP17 à Erevan : Pierre Spielewoy, Sabrina Krief et Carole Pierlovisi (MNHN), Emma Inthavong (IRD), réunis autour des enjeux internationaux de...
À la COP17 à Erevan : Pierre Spielewoy, Sabrina Krief et Carole Pierlovisi (MNHN), Emma Inthavong (IRD), réunis autour des enjeux internationaux de biodiversité. © Sabrina Krief

Présentés lors de la COP17 par Sabrina Krief (Professeure au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), primatologue et spécialiste de l’écologie et de la conservation des grands singes), ces deux outils développés dans le cadre de l'initiative One Forest Vision permettent d’automatiser le traitement de grandes quantités de données issues du terrain.

DeepForestVision (DFV2) : identifier les animaux à partir des images

Développé par Hugo Magaldi, ingénieur de recherche One Forest Vision au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), au sein de l’équipe de Sabrina Krief, DeepForestVision repose sur des modèles d’apprentissage profond (deep learning) capables d’identifier automatiquement les animaux sur les photographies et vidéos issues de pièges photographiques.

  • 3 millions de photos et vidéos provenant de 63 sites de recherche partenaires ont été mobilisées pour entraîner le modèle.
  • La nouvelle version distingue 64 catégories, dont 61 classes animales, contre 35 précédemment.
  • L’automatisation de l’identification permet d’accélérer le traitement des observations et de faciliter l’analyse de la présence des espèces sur de vastes territoires.
  • DeepForestVision expliqué en 1 minute / pour en savoir + : lien 

DeepForestSound (DFS) : détecter les espèces grâce à leurs vocalisations

Développé par Gabriel Dubus, ingénieur de recherche One Forest Vision (OFVi), DeepForestSound complète les observations issues des pièges photographiques en mobilisant l’intelligence artificielle pour analyser les enregistrements acoustiques réalisés en forêt et identifier les espèces animales à partir de leurs vocalisations.

  • L’outil permet actuellement d’identifier 12 espèces à partir de leurs vocalisations.
  • Il cible notamment des oiseaux et des primates de la canopée, difficiles à observer au moyen des pièges photographiques.
  • L’analyse acoustique enrichit ainsi les observations visuelles et permet de mieux documenter la présence d’espèces discrètes ou vivant dans les étages supérieurs de la forêt.
  • Gratuits et accessibles sans compétences en programmation, ces outils sont disponibles via AddaxAI pour DeepForestVision et une interface dédiée pour DeepForestSound. 
  • Leur fonctionnement hors ligne permet de traiter localement les données, sans transmission à des tiers.

En combinant observations visuelles et acoustiques, ils contribuent à améliorer le suivi de la faune à grande échelle et à documenter les effets des activités humaines sur les écosystèmes forestiers.

Des données scientifiques à l’action : deux temps forts de One Forest Vision à la COP17

Le 24 octobre, sur le « Data to Action Pavilion », Laurent Durieux (IRD), Sabrina Krief (MNHN), David Soulema et Solenne Correard (INRAE) ont présenté leurs travaux devant 25 participants, lors d'une session consacrée à la transformation des données scientifiques en indicateurs de suivi de la biodiversité.

Les échanges ont porté sur “Galaxy Ecology”, qui développe des méthodes pour convertir les données génétiques en indicateurs, les avancées du projet européen Biodiversa+ GINAMO, ainsi que les travaux de One Forest Vision pour faciliter l'accès aux modèles d'intelligence artificielle appliqués aux forêts tropicales.

"Data to Action Pavilion" lors d’une session consacrée à Galaxy Ecology et à la transformation des données scientifiques en indicateurs pour la pré...
À la COP17 à Erevan : Laurent Durieux (IRD), Sabrina Krief (MNHN), David Soulema et Solenne Correard (INRAE), mobilisés pour la recherche et la préservation de la biodiversité. © Laurent Durieux

Le 27 octobre, sur ce même pavillon, Florence Palla (COMIFAC, présidente du Conseil scientifique d'OFVi) et Laurent Durieux (IRD, coordinateur d'OFVi) sont intervenus lors d'une session de haut niveau aux côtés de Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l'environnement, et de représentants d'institutions scientifiques françaises et colombiennes.

Les discussions ont souligné trois priorités : faciliter le partage et l'interopérabilité des données produites par les entreprises, les chercheurs et les institutions ; renforcer les capacités scientifiques locales et la souveraineté des pays sur leurs données ; et transformer ces connaissances en outils d'aide à la décision pour orienter les politiques publiques et les actions de conservation.

Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l’environnement, anime un atelier sur le partage des données des entreprises pour la biodiversité
Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l’environnement, anime un atelier sur le partage des données des entreprises pour la biodiversité © Laurent Durieux
Florence Palla (COMIFAC, Conseil scientifique d’OFVi) et Laurent Durieux (IRD, coordinateur d’OFVi) lors de l'atelier sur le partage des données po...
Florence Palla (COMIFAC, Conseil scientifique d’OFVi) et Laurent Durieux (IRD, coordinateur d’OFVi) lors de l'atelier sur le partage des données pour la biodiversité à la COP17 à Erevan. © Laurent Durieux

Renforcer la coopération scientifique et politique

Laurent Durieux, coordinateur de One Forest Vision (IRD), souligne :

« La COP17 acte un constat sans appel : nous n'atteindrons pas les 23 objectifs mondiaux de biodiversité à l'horizon 2030 si nous ne changeons pas radicalement de rythme et d'échelle. Le premier bilan mondial du KMGBF appelle à accélérer la mobilisation des financements, le renforcement des capacités et la coopération scientifique et technique. Mais le compromis politique reste fragile : si l'approche Nexus de l'IPBES (biodiversité, eau, alimentation et santé) est maintenue, la référence à son évaluation sur les changements transformateurs n'a pas été retenue dans le texte final. La science est indispensable à la transformation, mais le consensus politique n'est pas encore à la hauteur de l'urgence. »

Florence Palla (Coordinatrice de la cellule technique du projet OFAC-CE et présidente du Conseil scientifique d’OFVi), Laurent Durieux (IRD, coordi...
Florence Palla (Coordinatrice de la cellule technique du projet OFAC-CE et présidente du Conseil scientifique d’OFVi), Laurent Durieux (IRD, coordinateur d’OFVi) © Laurent Durieux

En marge de la COP17, la rencontre entre Florence Palla, Coordinatrice de la cellule technique du projet OFAC-CE et présidente du Conseil scientifique d’OFVi, et Tosi Mpanu Mpanu, conseiller principal du Président de la RDC chargé de l’Environnement, de l’Urbanisme et de la Mobilité, illustre l’importance du dialogue entre scientifiques et décideurs politiques.

Florence Palla, présidente du Conseil scientifique d’OFVi, et Tosi Mpanu Mpanu, conseiller principal du Président de la RDC, échangent sur le dialo...
Florence Palla, présidente du Conseil scientifique d’OFVi, et Tosi Mpanu Mpanu, conseiller principal du Président de la RDC, échangent sur le dialogue entre science et décision politique à la COP17. © Laurent Durieux

L’ambition de One Forest Vision : mettre les connaissances et les innovations scientifiques au service de la préservation de la biodiversité, tout en renforçant les capacités locales et la souveraineté des pays sur leurs données environnementales.